Maroc S'expatrier

Vivre dans les Provinces du sud : une autre vision du Maroc

Le Maroc, on le connaît pour les vacances, de Marrakech à Agadir. De nombreuses personnes franchissent même le pas et s’installent ici, dans ces villes qui nous ressemblent un peu. Mais connaît-on vraiment bien le Maroc ? Avant mon arrivée ici, je n’avais jamais entendu parler des Provinces du Sud. Et vous ?

Laâyoune, la capitale de la région des Provinces du sud du Maroc

Je vis à Laâyoune. Le royaume du Maroc a mis beaucoup de choses en place pour peupler cette ville et elle présente de nombreux avantages pour les Marocains : fonctionnaires payés le double, exonération d’impôts… La cohabitation entre marocains et sahraouis se fait très bien, même si on entend quelques petites blagues de temps en temps.

Il y a 300 000 habitants à Laâyoune. Nous sommes 28 Français : professeurs à l’école Française de la Mission Laïque, professeurs français dans des écoles privées marocaines et quelques représentants de l’ONU.

Je suis donc professeur des écoles* pour une classe de CP. J’ai eu la grande chance d’intégrer le réseau de la Mission Laïque Française grâce aux rencontres à Laâyoune car j’ai déménagé à la base pour travailler dans une école marocaine. Je suis arrivée le 2 Septembre à Laâyoune. Je vais finir cette année scolaire puis je verrai bien ce que l’avenir me réserve.

laayoune

Le choc culturel

En deux mots, voici comment je pourrai résumer mon adaptation à la vie à Laâyoune, dans les Provinces du Sud.

Oui c’est difficile de s’installer dans une ville où le français n’est pas une langue parlée, oui c’est difficile de s’adapter à une culture qui n’est pas occidentale, oui c’est difficile de vivre avec le regard des gens qui se demandent ce que tu fais là, oui c’est différent de vivre dans une ville où il n’y a pas l’eau courante.

Je ne vais pas vous mentir, le début a été très difficile pour moi. En plus de l’installation, la recherche d’appartement, le côté administratif… se retrouver seule. Sans famille, sans amis, sans chéri. La première fois que j’ai pris le taxi toute seule a été toute une aventure ! Comment expliquer où je vais ? (Rassurez-vous, j’ai fini par réussir:) ). Au Maroc il faut aller à une administration légaliser le moindre papier. Un papier (contrat, bail…) n’a aucune valeur s’il n’est pas légalisé. Je vous laisse imaginer qu’en m’installant au Maroc, et plus particulièrement dans le Sud, j’en ai fait des allers-retours à la légalisation !

marche-chameau

Reconsidérer ses loisirs, ses occupations

Finalement, j’aime ma nouvelle vie à Laâyoune. Je vis dans un grand appartement dans le centre-ville à une minute et demie à pied de l’école où je travaille. Cette petite ville à des centaines de kilomètres de la mondialisation. Ici il n’y a pas de théâtre, pas de cinémas, pas de bars. Il faut reconsidérer le loisir, la consommation de la culture. Il faut occuper les week-ends d’une autre manière. Cette nouvelle vie me rapproche de la littérature, je lis beaucoup.

J’ai le temps de travailler pour ma classe en tant qu’enseignante. Cela me permet d’imaginer de nouveaux projets. J’ai aussi le temps de me projeter dans l’avenir, savoir ce que je veux vraiment.

riviere-oued-laayoune

Des rencontres formidables

J’ai rencontré des gens formidables. Mes collègues français et belges, mais aussi des personnes d’ici, ces mêmes personnes qui ont une autre culture mais tellement à partager, à offrir. Pour beaucoup, nous ne parlons pas la même langue, mais finalement, un petit mot en arabe, un petit mot en français et le langage des gestes, c’est ça la langue du voyage ! Ici pas de supermarchés, il n’y a que de petites épiceries, du marchand de légumes au vendeur de savon noir en bas de chez moi. J’aime ces moments où tu vagabondes d’une échoppe à l’autre pour faire les courses, on ne rencontre que des sourires et des regards bienveillants. C’est ça aussi les Provinces du Sud !

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Profiter du soleil qui est toujours là

Ça change de ma Bretagne adorée. À l’heure où j’écris cet article, c’est l’hiver et il est très froid. Il ne fera pas moins de 19 degrés. Et puis ces paysages… Quel changement ! Quel mystère et à la fois quelle poésie de vivre au milieu des dunes de sable à 20 km de la mer. Lorsque je regarde l’horizon, je vois la limite de la ville aux toits ronds : du sable et des dunes. Bienvenue dans le désert aux allures de la planète Tatooine !

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Réinventer

C’est aussi plaisant de se recréer un équilibre alimentaire ! Ici on n’achète que de la « matière première », de la farine, des œufs, de la viande de chameau, du poisson… Il faut réimaginer les repas et dire bonjour à de nouvelles saveurs. Cette vie permet de repenser sa propre consommation de façon intelligente. On peut vivre en consommant moins. Et on vit même très bien. J’ai appris plein de recette de tajines différents (poulets, légumes, dattes…) et on mange du couscous tous les vendredis midis !

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J’adore mon travail et c’est vraiment ce qui nous fait rester. J’adore aussi le ciel à Laâyoune. Lorsque le soleil se couche et se lève les couleurs sont magnifiques comme jamais. La nuit dans le désert est aussi incroyable et pas besoin d’une super-lune pour être impressionné par sa taille !

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Finalement je crois que cette expatriation dans le sud du Maroc, dans un monde opposé au mien, je l’ai fait pour me prouver quelque chose. J’ai choisi cette vie pour apprendre à dépasser mes limites, être plus forte. Il est important de se créer une expérience de vie qui t’apprend beaucoup sur toi-même, cela permet de mieux comprendre les autres. Cette expérience est unique et incroyable. Elle n’est pas finie mais je sais déjà que j’en sortirai différente.

coucher-soleil-foumeloued


*Pour devenir professeur des écoles à l’étranger, il faut dans la majorité des cas travailler pour l’Education Nationale et demander une disponibilité où se faire détacher (partir en mission, envoyé par l’Education Nationale). Cependant, sur des sites internet comme Pole Emploi international ou enseigner-étranger.com il est possible de trouver des contrats locaux sans avoir le concours de l’enseignement français. Pour ma part j’ai mon master enseignement et cela m’a permis d’avoir cette opportunité.

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21 Commentaire

  • Répondre
    Virginie
    9 juin 2017 at 11 h 54 min
    Bonjour, super blog. J’aimerai savoir si on peut communiquer en privé, j’ai un poste à Laayoune pour la rentrée prochaine et j’aimerai avoir ton avis sur différentes choses.
  • Répondre
    évelyne
    4 mars 2017 at 1 h 07 min
    Merci pour ton article. Présélectionnée par la MLF pour aller enseigner à Laâyoune l’an prochain (et bretonne également), j’ai été particulièrement intéressée par ton ressenti. J’ai bien sûr des doutes et des appréhensions, mais j’ai aussi très envie de retrouver mes vraies priorités de vie. Alors merci de m’avoir donné encore plus envie et bonne continuation dans cette expérience si riche.
    • Répondre
      caligiore
      3 avril 2017 at 19 h 31 min
      salut les filles !

      je suis également retenue pour la rentrée 2017/2018 mais j’avoue j’appréhende beaucoup…
      Le silence, l’isolement m’effraie !
      Pourtant l’école à l’air chouette, à taille humaine et pour bosser c’est le pied mais si loin de tout !!
      J’attends d’autres retours, le destin me guidera !
      Evelyne tu as signé ?

      Bonne soirée
      bye Emmanuelle

    • Répondre
      Virginie
      9 juin 2017 at 11 h 57 min
      Bonjour,
      Bretonne également et prise pour la rentrée prochaine à Laayoune. Peut on se parer en privée ?
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    Julie
    16 janvier 2017 at 11 h 24 min
    Superbe article… Ces paysages font vraiment rêver
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    Le blog CashPistache
    15 janvier 2017 at 18 h 26 min
    Je suis fascinée par ce genre de vie ! pour avoir eu l’occasion d’affronter mes peurs, je sais combien on se sent fier après et le bonheur intense que l’on ressent ! Et puis ce pays, je l’adore, je m’y verrais bien en fait 🙂
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    Céline
    14 janvier 2017 at 20 h 18 min
    Quelle aventure ! Bravo à toi de t’être lancée, cela n’est pas donné à tout le monde et c’est une sacrée sortie de zone de confort que tu nous présentes là… tout y est si différent ! Tu as l’air bien partie pour en tirer le meilleur, je te tire mon chapeau !
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    Lucie - WorldTravelheart
    14 janvier 2017 at 14 h 16 min
    J’ai adoré ton article, merci infiniment pour ce partage d’expérience très bien écrit et où tout est dit, le bon et le moins bon. Cela me fait penser à mon expérience à la Réunion (l’intégration, chercher de nouvelles habitudes alimentaires), quoiqu’il en soit c’est toujours difficile de s’adapter mais qu’est ce qu’on s’enrichit !! Bravo pour ce courage et cette persévérance, au final je suis sure que les côtés moins bons s’envoleront avec le temps pour laisser la place à de merveilleux souvenirs. Ca marche toujours comme cela avec moi…
    • Répondre
      Lily l'exploratrice
      14 janvier 2017 at 15 h 47 min
      Merci pour ce gentil commentaire ! Oh oui la Réunion ça doit être une sacré expérience aussi !!!
      Et oui je pense que tu as raison, je n’en garderai que le meilleur 🙂
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    Eloïse - L'oeil d'Eos
    14 janvier 2017 at 13 h 15 min
    Super article ! En effet partir vivre ailleurs et surtout dans un pays avec une différence forte au niveau culturel et géographique c’est devoir « réapprendre à vivre » mais c’est une belle expérience. Tellement enrichissante, bien plus que d’aller au cinéma et au musée le week end 😉
    • Répondre
      Lily l'exploratrice
      14 janvier 2017 at 15 h 46 min
      Salut et merci de ton commentaire !
      Oui c’est vrai tu as raison, même si des fois je me dis que mes loisirs habituels me manquent, l’expérience de l’expatriation est plus forte que tout !
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    Marieke ( les 3 M )
    14 janvier 2017 at 12 h 37 min
    C’est une incroyable tranche de vie que tu vis là. Je ne sais pas si j’aurais eu le courage de faire ça .
    • Répondre
      Lily l'exploratrice
      14 janvier 2017 at 15 h 44 min
      Salut Marieke , merci de ton commentaire.
      Ahaha, je pense qu’il y a 6 mois, je ne pensais pas non plus avoir ce courage là, d’ailleurs je disais que j’adorais voyager mais que je ne voulais pas spécialement vivre à l’étranger. Et me voilà ici ! Comme quoi je suis sûr que si on a la volonté, le courage vient avec ! 🙂
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    Zoé
    12 janvier 2017 at 21 h 09 min
    Article très intéressant ! J’ai hâte de découvrir la région à mon tour…
    • Répondre
      Lily l'exploratrice
      13 janvier 2017 at 16 h 01 min
      Merci Zoé ! Hâte que tu viennes également 🙂
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    Anne
    12 janvier 2017 at 14 h 47 min
    Un récit très intéressant. Pas d’eau courante? Mais de l’électricité? Et un peu d’internet (depuis que je sais qu’on capte la 3G dans le désert jordanien, je me dis qu’il n’y a qu’en France qu’on ne l’a pas partout…)
    • Répondre
      Lily l'exploratrice
      12 janvier 2017 at 15 h 44 min
      En fait sur le toit nous avons des citernes avec de l’eau qui sont remplis tous les quatres jours 🙂 l’eau arrive quand même dans les tuyaux mais cest un drôle de système! L’électricité oui et Internet bien sûr 😉
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    Jade
    12 janvier 2017 at 10 h 23 min
    Waw, ça donne envie !!! 🙂
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    Itinera Magica
    12 janvier 2017 at 10 h 00 min
    Un beau témoignage, tu sais que j’adore ton blog, cela me plaît beaucoup de lire des choses sur ton expatriation dans le grand sud désertique !
    • Répondre
      Lily l'exploratrice
      13 janvier 2017 at 16 h 02 min
      Merci beaucoup ! ça me fait vraiment plaisir, d’autant que j’adore vraiment ton blog également !
      • Répondre
        Nacer Rochd
        17 février 2017 at 12 h 23 min
        J’ariiiiiiive le mois prochain <3

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