Mongolie

Mongolie : L’expérience nomade, un moment en dehors du temps

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Vivre dans une famille nomade en Mongolie

« La fuite est le nom que les gens ensablés dans les fondrières de l’habitude donne à l’élan vital. » Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie. Etudiante parisienne de 20 ans, j’ai décidé de fuir mon quotidien pour quelques semaines. Fatiguée de l’ambiance de la ville, fatiguée des exigences de la société de consommation, fatiguée de la pression universitaire, je me suis résolue, le temps d’un été, à prendre du temps. Mon choix s’est arrêté sur la Mongolie : partir dans une famille nomade dans le cadre d’une mission Culture & Communauté.

Mon objectif était de les aider dans leur quotidien tout en observant leur mode de vie à l’opposé du mien. La décision de partir en immersion chez les nomades n’était pas anodine. Cela constituait une expérience professionnelle intéressante pour mon rapport de stage de fin d’étude, tout en m’éloignant de toutes les nuisances, autant intérieures qu’extérieures, qui encombraient mon esprit. Je rêvais de nature, de grands espaces verts, de sérénité et de simplicité.

Je suis donc partie en Mongolie pleine d’espoirs et de rêves vers le pays que l’on appelle « le pays du ciel bleu ».

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La réalité a été à la hauteur du rêve

Bien sûr, il a fallu s’adapter et ce temps-là a été dur. En effet, tout est bouleversé. De l’environnement au rythme de vie, on ne retrouve aucun repère en Mongolie. Je n’ai pas seulement du m’adapter à une autre culture, mais aussi à une autre famille et, surtout, à une autre façon de vivre le temps.

Mais c’est justement ce dont on dispose là-bas : du temps. Cette communauté ne travaille que pour produire ce dont elle a besoin et vit au rythme du soleil. De ce fait, les travaux accomplis, il reste du temps pour faire ce que bon nous semble.

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Mais comment occuper ce temps et cette nouvelle liberté ?

Seule au milieu de la steppe, il s’agissait à présent de s’acclimater. Je me suis alors mise à la lecture sur le bouddhisme, davantage en tant que philosophie que religion. J’y ai trouvé des éléments qui exprimaient exactement ce que je ressentais dans cet espace. Ce qui m’a semblé plutôt logique, étant donné que j’étais dans une région bouddhiste.

« Apprendre à entrer dans le moment présent, mieux s’ouvrir à la réalité telle qu’elle est. Comme le peintre ou le poète, [on apprend] à regarder ce qui est et à l’apprécier »[1] résume bien ce que l’on ressent après un temps dans la steppe.

J’allais donc souvent me promener vers la rivière ou dans les collines afin de contempler l’immensité de la terre de mon pays d’accueil.

Que c’était apaisant de se trouver là, au milieu de l’immensité, au cœur du silence et de juste contempler cette vue si époustouflante. Aucune nuisance sonore ou perturbation extérieure comme une voiture, un coup de klaxon ou une sonnerie de téléphone. Rien n’interrompt le cours des choses dans ce lieu où la nature reste dominante.

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On se contente seulement de l’essentiel

Et on constate qu’il suffit amplement. Il est curieux d’écrire ces quelques lignes alors que je suis de retour à Paris, et il est bon de s’en rappeler.

En effet, les nomades sont des gens très simples. Ils ne possèdent que ce dont ils ont besoin. Ceci fait du partage et de la solidarité des piliers essentiels de leur communauté. Les portes des yourtes en Mongolie ne sont jamais fermées. Les familles viennent en aider une autre lors des tâches les plus compliquées. Et, comme nous rompons le pain ensemble, les nomades eux partagent chèvres, moutons, marmottes et bolées de vodka. On se rendait ainsi de temps à autre dans des yourtes voisines pour de grands repas. Tout le monde mettait la main à la pâte, les hommes s’occupant de tuer la bête et les femmes de la cuisiner.

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Mais plus que des moments festifs, ils s’entraident surtout dans le travail. Certains jours, on se retrouvait tous dans un enclos afin de soigner ou d’attraper les bêtes. Le travail est fatigant, d’autant plus quand il fait une chaleur étouffante et quand ni ombre ni vent ne viennent nous soulager. Mais personne ne manquait à l’appel et chacun ne repartait qu’une fois le travail terminé, un shot de vodka au passage.

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Je me suis également mise au travail

Bien que, au début, ce fut difficile. Il a fallu que je m’impose pour qu’ils me confient autre chose à faire que les tâches ménagères. Je suis ainsi passée de jeune fille au pair à bergère à temps partiel. Je devais m’occuper des deux enfants (Enkhchin, 4 ans et Elkha 2 ans), mais également donner le biberon au bébé chameau, ou bien ramener les troupeaux, tondre aux ciseaux les moutons, éloigner les taureaux pendant la traite…mongolie-famille-nomade-charlotte-ramene-troupeaux

J’ai passé un mois ainsi dans cette famille nomade. Une famille qui, certes ne parlait pas la même langue que moi, mais avec qui j’ai tissé de vrais liens. Notre relation ne s’est pas construite au fil de conversions que nous ne pouvions entretenir, mais simplement en apprenant à vivre ensemble, en s’habituant à la présence de l’autre, en communiquant par les gestes, par les sourires et en faisant preuve d’un respect mutuel.

Il y a eu des moments durs, certes, mais surtout de bons et de vrais temps de partage. Et aussi des fous rires quant aux quiproquos que pouvaient provoquer la barrière de la langue. Des moments remplis d’émotions quand les petits me réclamaient, de l’échange quand le père m’apprenait à monter à cheval… Ces moments sont gravés à jamais dans ma mémoire, comme des instants privilégiés d’un autre temps.

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Ce mois dans la steppe mongolienne a été incroyable

Y découvrir une autre culture m’a fait poser un autre regard sur la mienne. J’en ai tiré de véritables leçons de vie qui, je suis sûre, me rendront service pour la suite de mon parcours, personnel comme professionnel. J’aurai appris à apprécier le temps et le silence à leur juste valeur, là-bas, dans cette terre de l’Immense illuminée par un ciel (presque) toujours bleu.

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[1] Fabrice Midal, Sagesse du bouddhisme

6 Commentaire

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    Nomin
    17 octobre 2016 at 23 h 31 min

    C’est super!

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    Elisabeth
    11 octobre 2016 at 8 h 47 min

    Si si la Mongolie est sur ma liste.
    J ai toujours rêvé d’y aller
    En immersion et non pas avec un tour opérateur.
    Je suis preneuse d adresse et de bon plans pour ma famille et moi

    • Répondre
      Fanny
      11 octobre 2016 at 10 h 30 min

      Merci Elisabeth pour ton commentaire ! Je me rapproche de Charlotte afin qu’elle te réponde ici même !

      • Répondre
        charlotte
        11 octobre 2016 at 16 h 58 min

        Merci Elizabeth pour ce commentaire!
        Je suis partie avec l’association Projects Abroad qui m’a vraiment permis de vivre en immersion dans une famille nomade, mais je te préviens, c’est très cher, et qu’une petite partie revient à la famille! Je continue out de même de recommander la Mongolie qui est un pays incroyable!! Si tu as besoin de plus d’info tu peux me joindre sur ma page fb: Charlotte et la vie nomade, où par mail: secco.charlotte@hotmail.fr

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    Cyrielle - The Wild Panda
    10 octobre 2016 at 11 h 05 min

    Quelle jolie histoire!

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